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Commentaire du passage des Chouans : « Un bassin demi-circulaire (…) l’animèrent puissamment. » (p. 326-328)

 
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Clarah


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MessagePosté le: Ven 21 Jan - 18:57 (2011)    Sujet du message: Commentaire du passage des Chouans : « Un bassin demi-circulaire (…) l’animèrent puissamment. » (p. 326-328) Répondre en citant

Rappel de méthode :
La description = rivalité avec le réel (rapport mimétique) ? rivalité avec l’image ou la peinture ? organisation de la description ? subversion de la description qui déconstruit ?
 
Question de la religion au niveau idéologique, esthétique. En quoi l’espace religieux est ici un espace esthétique ? Référence à Chateaubriand, texte qui donne à voir le pouvoir du religieux dans l’espace historique et qui donne à admirer la dimension esthétique du religieux qui doit être lue dans la mouvance de Chateaubriand et dans son Géni du christianisme.
 
Commentaire linéaire :


* Phrase 1 : lexique architectural qui démultiplie les formes, assez géométrique, image visuelle, construite et complétée par la mention des couleurs. Mais ce qui caractérise l’ensemble c’est une esthétique du contraste puisqu’on a à la fois qqchose de composé et en même temps l’invention. Paradoxale puisque contestation de l’organisation par « les uns sur les autres ». Autre contraste voire opposition, tension : espace décrit comme naturel « bassin » « sapin », et pourtant des termes culturels : « amphithéâtre », « cirque » convertissent ici l’espace dans un espace codé qui renvoie à l’antiquité (persécution des premiers chrétiens) tous les mots valent et ne sont pas là au hasard. Dimension de spectacle de la scène. Expansion de la phrase descriptive et lyrique. Animisation de la nature, métaphore « le tapis des feuilles » et la nuance de « jauni » à « fauve ». Fauve se charge d’un certain sens. Répétition. Ce synonyme connote la nuance. Lumière relativement atténuée. Antithèse entre pâle et lumière, les verbes montre un mouvement dans l’image. Pas classique, il y a un mouvement dans la représentation qui est proprement romantique. Présence du narrateur à travers les modalisateurs. Narrateur hétérodiégétique, description double puisque « jauni » dévalorise mais assez laudative grâce au rythme. Lieu à la fois sauvage et construit, mise en place d’une esthétique du contraste.
 
* Phrase 2 : Présence du narrateur. Métaphore « salle » : métamorphose de l’espace. Mise en place d’une poétique des ruines, tjrs une méditation sur la question des civilisation mortelle. Poétique renforcée par le déluge pour architecte, image. Travail très particulier de la mise en œuvre de l’historique au sein de l’extrait. Le fondement de l’Histoire qui est l’origine chrétienne de la Bretagne à coté des druides. Répétition de sembler qui montre le travail de lecture du narrateur omniscient. Antithèse dans l’image du déluge : contradiction. Esthétique romantique qui fait exploser l’image statique et en plus le thème questionne car il met en œuvre une temporalité étonnante à l’intérieur du roman historique. Ceci est confirmé par les énormes pierres druidiques : me lexique religieux n’est pas seulement chrétien mais aussi païen : religion en harmonie avec la nature.
 
Commentaire composé :


I- Une scène au déroulement capricieux
Cadre insolite, éléments successifs, compose une image d’ensemble où la nature est mue à travers des formes culturelles.
Changement de focalisation : le discours semble superposer la voix du narrateur et celle du personnage à partir de « cette messe dite au fond des bois » le narrateur s’affiche comme un témoin et fait une lecture particulière avec les modalisations. Il insiste sur la surprise du perso. Jeu du narrateur avec son perso et son récit, effet de pose dans le récit, scène éminemment esthétique dont la fonction doit être interrogée.
 
II- Une scène « bizarre »
- Une mimésis réaliste (vocabulaire précis, termes spécifiques du religieux)
- Mais une mimésis en quelques sortes subvertie par l’esthétique, à laquelle on fait subir un traitement esthétique de fond. Esthétique du « jamais vu ou imaginé ». Esthétique du religieux avec un renversement de l’esthétique classique car « l’énergie » de la scène à travers les notions de démesure, de monumental, et une mise en place du grandiose donc une scène à l’esthétique romantique et lyrique à la fois qui met en valeur de nouveaux principes esthétiques : le contraste lié à l’antithèse et décliné par un fonctionnement en opposition du texte, le sublime au sens étymologique car on a un sublime du naturel et du religieux en même temps.
- Une mimésis qui aboutit à une éloge du renouveau religieux, un fonctionnement idéologique de la description avec une réécriture ponctuelle du Géni du christianisme. Nouvelle vision qui fait l’apologie de la simplicité et de l’humilité. Elle définit le religieux comme le lieu d’une harmonie entre les hommes et la nature. Enfin elle définit le religieux comme une expérience intérieure plus importante que le pouvoir social de la religion en elle même, qui est ici simplement évoqué à travers la hiérarchie mise en place par le mot de « prêtre ecclésiastique ». Effacement de la dimension politique au profit d’un religieux esthétique. Expérience où les passions sont suspendues et où s’opère une forme de conciliation générale qui permet en réalité de construire à l’intérieur de la narration et de l’aventure une pause et une pause particulièrement significative.
 
III- Une scène édifiante qui vise à la conversion
Question posée par le texte : à quoi vise cette mise en scène du religieux dans le texte ?
Cette scène introduit un espace d’éternité. Le réalisme est ici métamorphosé par l’esthétique. Ceci se trouve mis au service de la révélation d’un autre monde : le monde religieux en tant qu’accès à une autre réalité éthique (humilité, naïveté, passions atténuées) mais l’ensemble du texte est mis au service de la révélation d’une autre temporalité signifiée par l’expression « compression momentanée » donc le religieux et sa mise en scène est ici l’occasion d’une parenthèse dans le récit  qui ouvre sur un autre temps que celui de l’Histoire et qui révèle également un autre temps que celui de l’Histoire. La mise en scène  du religieux permet la mise en place d’un temps où paradoxalement le  temps s’annule momentanément. Ce qui est vu dans la forêt est semblable au temps des débuts du christianisme : glissement dans les mots connotés historiquement : déluge, pierre druidique, messe, gothique, premier temps du christianisme. Parcours qui récapitule tout un temps historique. Ce parcours montre que la messe dans la forêt est bien un temps hors de l’Histoire, hors de l’aventure. Hypothèse de lecture : ainsi une des fonction de cette mise en scène du religieux serait de permettre cette ouverture de l’Histoire sur une autre temporalité où se lirait en quelques sortes le dépassement de l’Histoire et donc de ses conflits ou se lirait la consolation de l’Histoire puisque la messe est un hors temps. Idée de qqchose qui sauve l’Histoire. Donc un texte qui veut produire une conversion à travers l’emphase, l’annulation des éléments négatifs du début, s’opère une transformation totalement laudative. Enfin un texte qui met en place une forme de communion entre le narrateur, le perso et le lecteur. Moment exceptionnel. Poésie qui anime le texte et son ensemble.
 


Notes :
Dans l’espace du roman historique, le statut du narrateur exhibe la complexité du texte et l’originalité du texte de roman historique tient à ce qu’il intègre souvent un commentaire dans la narration ou bien à la fonction de miroir qui est traditionnellement mise en place par la narration au XIXème siècle. Mais cette fonction de miroir est à la fois démultipliée et en même temps subvertit, dépassée par l’esthétique. L’extrait quel qu’il soit déploie souvent la possibilité d’une lecture plurielle, où on a souvent un discours qui absorbe la temporalité narrative dans une réflexion sur une temporalité historique. Donc on a une mimésis réaliste, une mimésis du passé voire une mimésis du discours historique, et donc un ensemble qui ouvre sur une dimension idéologique et/ou sociologique. Mais l’ensemble est toujours réévalué dans la dimension esthétique du texte avec tout un jeu spécifique qui s’inscrit grâce à cette esthétique et qui renvoie à la nécessité de la persuasion dans le texte. On s’aperçoit aussi que chez Balzac l’Histoire est parfois elle même dépassée par le mythe et dépassée par la mise en place d’un religieux mythique mais pas seulement. Enfin la tonalité tragique n’est mise en scène que dans certains passages.
 
« des harmonies » au pluriel : on propose plusieurs harmonies dans un espace de type romantique.
Structure syntaxique énumérative « cette messe », « ce culte »… Finalité de la conversion (changement de focalisation). Religion en harmonie avec la nature. Religion aussi à laquelle on redonne son authenticité par cette harmonie. Court retour à l’origine de la religion où la beauté est sainte et naïve, pas la religion surchargée des ors gothiques, lecture idéologique du religieux. Cette messe permet la « compression momentanée » des passions humaines. 


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MessagePosté le: Ven 21 Jan - 18:57 (2011)    Sujet du message: Publicité

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