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Commentaire de l'INCIPIT des CHOUANS

 
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Clarah


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Inscrit le: 14 Sep 2010
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MessagePosté le: Ven 21 Jan - 18:49 (2011)    Sujet du message: Commentaire de l'INCIPIT des CHOUANS Répondre en citant

Commentaire linéaire
 
* Phrase 1 :
Mise en place de l’ancrage temporel. Effet de vraisemblance car mention du calendrier révolutionnaire. « Premier », « commencement » : surdétermination de l’ouverture signifiée par l’effet de synonymie, clin d’œil au commencement du roman. Vendémiaire : l’automne, fin d’un cycle naturel, qui peut être renvoie d’une façon indirecte à la fin d’un cycle historique dépeint par le roman. En tout cas, cette reconstitution du lexique produit un effet de voyage dans le temps et permet de confirmer le projet de roman historique. Mise en place d’une traduction avec le « ou » qui définit l’espace temporel de la fiction comme celui d’un temps révolu. A travers l’expression « calendrier actuel », on a une référence à la situation d’énonciation. On voit que ce double ancrage temporel révèle le fonctionnement particulier du récit dans le roman historique. Il vaut comme reconstitution mais aussi comme une mise en perspective du passé par rapport au présent de l’énonciation. Description, effet de foule, emploi du pluriel. La description adopte d’emblée une caractérisation de sociologie puisque la foule est décrite par masse et suivant l’apparence sociale des participants. Foule qui ne reflète pas d’unité sociale, impression de clivage de classe, avec l’idée qu’il y a plus de paysans que de bourgeois donc position socialement supérieur des bourgeois qui sont moins nombreux donc moins exposés au dictat de la république et aux levées d’hommes imposées. Précisions temporelles avec un court effet de retour en arrière « partis le matin » : narrateur hétérodiégétique et omniscient qui connaît la provenance et la destination des personnages. Le discours du roman continue sa dimension historique à travers la mise en place d’une toponymie qui donne un effet de vraisemblance. Le mot « gravissait » connote la marche pénible qui est symbolique : espace de la frontière qui renvoie à la frontière sociale avec l’idée qu’on est dans une période de transition. Passage au présent de vérité générale, donc intervention du narrateur. Le récit de type historique affirme ainsi son fonctionnement propre à savoir établir un lien entre le passé et le présent.
 
Phrase 2 :
« Ce détachement » : emploi du déictique « ce » : fait référence à la situation d’énonciation, à la présence du narrateur, et annonce une subjectivité. Le démonstratif est à la fois un effet de reprise dans le discours et en même temps une prise en charge de l’énonciation. Lecture militaire de la foule. [La subjectivité du démonstratif peut être connotée différemment : emphase, négativité, accusation…]. Ce manque de cohésion fait un « pont » entre les enjeux du texte : « collection » renvoie à un effet d’inventaire, discours de type réaliste. Evaluation esthétique du narrateur, mot « bizarre » => cf. Esthétique du bizarre.
« Si » qui marque l’intensité et construit une conséquence. Le mot « diverse » insiste sur la dimension hétéroclite de l’ensemble. Géographie et sociologie avec « localités et professions ». Double négation : « il ne sera pas inutile » => effet de litote. Justification de la description qui commente ce qui va être fait. Discours métadiscursif qui annonce la description : ce discours met en place clairement une dimension esthétique, le discours sur l’Histoire est aussi marqué par les modes esthétiques qui prévalent à l’époque. « couleurs vives » renvoient à la notion de pittoresque qui structure le débat littéraire de l’époque. La voix narrative formule une critique par rapport à l’esthétique de l’époque, la métaphore « peinture des sentiments » affiche la rivalité de l’espace littéraire avec l’espace pictural.
 
Premier gros plan :
Description dépréciative sur la pauvreté, construite sur un lexique négatif, « grossière », « mal », et à travers l’animalisation qui procède par la présence des vêtements en peaux de chèvres. Critique sociologique qui dénonce le retard de la Bretagne. Progression de la description des pieds à la tête. Assimilation du paysans à ce qu’il porte qui renvoie à ce bizarre de caricature. Dénonciation de leur pauvreté : « très grossière ». « Accuser » : la description est ici révélation des fonctionnements politiques d’un pays, critique du fonctionnement de la Bretagne et de son retard historique. « Les mèches plates de leurs longs cheveux » : chiasme ; effet de rhétorique et d’emphase. Au sein de cette dénonciation, un effet de compassion du narrateur : « ces malheureux », déictique « ces » qui marque la présence du narrateur dans le texte. Double effet esthétique avec le grotesque et la caricature des paysans. Complexité au niveau de la dénonciation, rabaissement + effet de comique + compassion. Les visages baissés vers la terre marquent la responsabilité des paysans dans leur situation ou bien ils dissimulent leurs sentiments. Modification de la description. Effet poétique et on passe de l’assimilation animal à l’assimilation végétale. « La société c’est comme la nature » Le « on » marque la présence du narrateur. Effet esthétique nouveau avec l’antithèse, nouvel effet qui vient compléter la caricature et la compassion. « Certainement » = présence du narrateur. Le mot « terreur » a une valeur esthétique mais aussi une valeur narrative car cette terreur annonce la suite. « Sale » et mise en place d’une couleur vive (rouge) : puisque la toque est sale, on peut s’interroger sur la signification de ce détail : les paysans sont ils prêts à se battre pour la république ? Le symbole de la république est dégradé car sale => annonce les conflits à venir. Effet exotique aussi : la Frigie en Bretagne. Bonnet insolite dans le cadre breton. Composition des paysans particulière car ils ont l’air à la fois de révolutionnaires peu fiables et à la fois des chèvres. Effet carnavalesque. « Tous avaient sur l’épaule… » Menace avec la répétition du mot « gros » qui fait écho à « grossière », pauvreté signifiée indirectement à travers l’emploi d’un lexique de paysans : le bissac. Pauvreté à travers la matière. Précision négative « peu garni ». Cette phrase clôt le premier gros plan.
 
* Deuxième gros plan :
« D’autres portaient … ». Coiffure : effet d’empilement qui n’est pas valorisé esthétiquement, il dénonce le manque de gout et donc de manière des paysans. Ridicule et grotesque de l’ensemble. « Une espèce de chenille » : difficulté d’identification par rapport à l’objet qui marque le caractère particulier des paysans qui ne ressemblent pas à grand chose de civilisé. Hiérarchisation. « Grossier » réapparait. D’un point de vue visuel le groupe continue de manquer d’unité : effet de cohérence par la répétition du mot toile, mais subvertit par la différence entre les deux groupes. Comparaison avec les premiers : remarque du narrateur qui confirme la dimension critique « presque rien ». La civilisation nouvelle renvoie à l’effet sociale de la république, les Bretons sont des arriérés caractérisés par leurs costumes (lien entre la personne, les accessoires et le lieu). Réutilisation du même schéma descriptif : on décrit le costume et aussi les cheveux. Système descriptif précis avec les formes des vêtements et tournure restrictive. La majuscule à « Ouest » crée un effet d’exotisme : mythologie de l’Ouest. Fragment d’information historique et ethnographique car ce costume est encore le costume Breton. Le « on » fait subtilement du lecteur un témoin : stratégie de persuasion, rhétorique de la persuasion qui renvoie à l’authentification de la description. Insistance sur cet adjectif : dimension et critique morale. La grossièreté renvoie à une pesanteur de l’intelligence. Effort descriptif : le narrateur s’emploie à introduire des différences au sein d’un ensemble pour ne pas lasser son lecteur « il ne sera pas inutile de décrire leurs différences caractéristiques ». Présentation négative des paysans et clivage social. La dimension critique de la description ne peut que susciter l’étonnement du lecteur : comment des gens si attachés à l’Ouest peuvent ils servir la République (majuscules : rapports de tension). Comment les paysans peuvent ils devenir les défenseurs de la nouvelle civilisation qu’appelle la république ?
 
Troisième gros plan :
« Quelques uns d’entre eux… » balancement rhétorique qui marque l’éloquence balzacienne. Précision de la description + impression d’objectivité dans le texte comme il révèle l’organisation de la description. « Par soucis d’économie » : narrateur omniscient qui connaît jusqu’au motivations des personnages. « ce costume » : couleur noir qui s’oppose au rouge (vivacité) et hypothèse formulée à travers le « ou » : pour que l’omniscient soit vraisemblable, le narrateur doit pouvoir mettre en scène des hypothèses. Cela permet au narrateur de faire preuve d’objectivité. Evaluation, jugement et appréciation (dépréciation) d’ordre esthétique : ces bretons sont assez grotesques mais en même temps idée d’une originalité (renvoie au bizarre). Le regard porté sur la Bretagne est aussi exotique. Ironie du narrateur : la qualification positive est opérée par rapport à un ensemble esthétiquement déprécié par le mot « mérite », elle prend place à l’intérieur d’un défilé grotesque : s’il ya un mérite à ces bretons, c’est qu’ils témoignent de l’histoire. C’est le narrateur qui donne à cette scène le mérite externe. Regard de l’historien qui permet de donner un sens à l’accoutrement grossier et grotesque des paysans bretons. C’est donc bien le regard de l’historien qui donne de la valeur aux costumes et à leurs différences. « servir de transition » : le narrateur fait référence à l’acte d’écriture et au développement de la séquence qu’il écrit. Dimension méta discursive. « Somptueux » + dimension picturale fortement soulignée, style plus léger, période plus brève. Le mot troupe clôt le passage à bon droit (il commençait par le mot détachement) : cohérence textuelle. La comparaison « comme des fleurs » est insolite et contraste avec la troupe. Annonce des bourgeois.
 
* BILAN
Présentation et description, ensemble réaliste qui affiche son désir d’être précis (évaluation esthétique), jeu avec un texte historique, ensemble charge idéologiquement marqué qui dénonce un pays, son arriération comme la rusticité de ses habitants. Un ensemble esthétique assez complexe car il combine le réalisme, le grotesque, poésie épique, avec un double effet d’énonciation du ridicule et en même temps de la compassion. Si on regarde la fonction de l’esthétique, elle cache l’idéologie.
 


Commentaire composé
 
Type de texte : Incipit.
Trouver dans le texte les adjectifs qui qualifient l’incipit :
I- Un incipit original
II- Un incipit de roman historique
III- Un incipit « bizarre »
En quoi ce texte répond-il aux attentes du lecteur ? En quoi met-il en place l’ensemble de l’esthétique ?
 
I- Un incipit original
 
A.   Originalité de la construction
A priori, l’incipit répond aux attentes du lecteur puisque le texte a un ancrage historique temporel, un ancrage spatial, et des personnages. Mais on a le sentiment qu’il s’agit d’une concession faite à une tradition puisque les héros du roman ne sont pas présentés. Un incipit qui répond moins aux attentes du lecteur qu’aux projets de l’écrivain à savoir faire un roman historique. En effet, le texte offre d’abord la présentation générale d’un groupe d’homme en marche dans le premier paragraphe. Il fait référence aux levées d’hommes organisées par la république. Puis le texte entreprend la description plus précise du groupe et déploie un ensemble descriptif qui s’organise par masse. Le premier groupe caractérisé par la peau de chèvre, le regard, les accessoires… Mais on retrouve une définition descriptive à peu près similaire (vêtement, cheveux, chapeau). Mouvement du haut vers le bas avec un effet de clôture dans la dernière phrase qui annonce la suite de la description et le contraste qu’elle va mettre en place, « somptueux » s’opposant à tout ce qui a été décrit. Ainsi cette esthétique vaut par sa valeur historique, sa description est singulièrement articulée au projet narratif.
 
B.   Originalité du statut du narrateur
Le narrateur se révèle omniscient et omniprésent. Dés la première ligne du texte, par le jeu de la traduction de la date et la référence à la situation d’énonciation qu’il exhibe à travers l’expression « pour se conformer au calendrier actuel ». Le narrateur assume ici une fonction d’historien d’autant plus présente. Cette fonction l’amène à contextualiser l’histoire afin que le lecteur puisse la resituer par rapport à son époque. La situation d’énonciation est constamment mise en scène à travers l’emploi des nombreux déictiques. Le narrateur manifeste également sa présence à travers la mise en œuvre de jugements évaluatifs dot certains sont construits par des tournures comparatives « plus de.. que », « moins originale que »… L’emploi de nombreux modalisateurs et l’abondance des adverbes utilisés habituellement fascinants ne cesse de montrer que le narrateur est « en régie » et que c’est lui qui organiste la description. Il manifeste enfin son omniscience puisqu’il connaît l’origine du détachement, sa destination et les motivations générales de celle-ci.
 
C.   Originalité par rapport à ses attributs
Si cet incipit comme incipit de tout roman revendique une dimension mimétique, soulignée par l’emploi du mot peinture, il propose en fait une triple peinture, une peinture mimétique de l’histoire mais aussi une peinture qui se veut partiellement mimétique et explicative à la fois de l’Histoire, enfin une mimésis qui est une peinture surtout esthétique et idéologique. Le mot « peinture » reflète les enjeux du roman et le fonctionnement particulier de la peinture qui est mise en œuvre dans le roman historique. La dimension esthétique est soulignée par le narrateur lui même à travers l’emploi du bizarre et appuyée par un discours méta discursif. L’incipit est bien ici l’origine de l’histoire, il montre les forces qui animeront le roman, mais il est une origine de l’histoire en tant qu’Histoire. Il met en place ce subtile entrelacement du romanesque et de l’historique. C’est un incipit en recherche sur lui même, qui interroge son esthétique selon trois matrices.
 
II- Un incipit de roman historique
On a un texte qui raconte et qui se commente à la fois.
 
A.   Le roman historique comme miroir du passé, reflet d’une époque
Le roman historique s’affiche comme un miroir du passé et l’incipit se fait le reflet du fonctionnement d’une époque. En effet, incipit qui met en scène l’hétérogénéité d’une société régionale : celle de l’Ouest.
- Cette hétérogénéité est due à des différences économiques et la narration organise une classification de type sociologique et ethnographique. Ceci active un certain nombre d’oppositions dans le texte : « toile »/ « feutre », « sali »/ « somptueux »… La classification apparaît avec le mot « collection » qui renvoie à un inventaire qui fait historique et sérieux.
- Importance du milieu et des objets : elle se construit sur une identité régionale qui met en échec l’identité nationale.
 
B.   Le roman historique comme lecture « objective » du passé qui inclus une critique
Prétention à l’objectivité par plusieurs éléments : adjectifs, lexique, trajet descriptif.
- La dénonciation de la pauvreté à travers une peinture réaliste (matériaux, remarque, « peu garni », « par soucis d’économie ») mais cette dimension objective est en même temps déjà critique.
- Il s’agit d’une critique du narrateur.
 
C.   Le roman historique comme lecture subjective et esthétique du passé.
- Une lecture subjective
Dévalorisation constante des bretons, lexique dévalorisant, tournures restrictives (peu désigner qqchose qui dans son être propre est limité ou effet laudatif). L’animalisation a une fonction de dénigrement moral. Caractérisation récurrente de la grossièreté.
- Une lecture esthétique idéologique
Jeu avec le défilé et le carnaval notamment avec les formes, la façon de décrire qui est en fait une façon de tenir un discours politique (poétisation en même temps idéologique, dénonciation de la paysannerie) : couleurs réduites à des contrastes tranchés, l’expansion de la phrase met en place un folklore grotesque. Pourtant cette esthétique est paradoxalement condensée par une dimension épique paradoxale. Un épique connoté avec le mot « terreur » en contrepoids du carnavalesque : esthétique contrastée totalement dans la vision d’époque mais sublime et grotesque à la fois (très XIXème). Lyrisme dans l’expression des yeux par exemple. « Détachement » évoque le détachement du narrateur par rapport à son esthétique.
- L’esthétique du bizarre
Ce mot résume les contradictions de la narration puisqu’il renvoie à un écart par rapport à la norme et un mélange des tonalités et des effets. Avec la construction d’une sorte d’exotisme interne, ce principe est retrouvé dans les Chouans. Cet exotisme est dû à l’aspect carnavalesque.
 
III- Un incipit « bizarre » et complexe
 
A.   Le double rapport du narrateur à la narration.
Formule méta discursive du « mérite » : le roman historique dés l’incipit s’affiche comme l’espace particulier où l’esthétique et la narration produisent l’unification autrement impossible du passé. La dimension romanesque, narrative et esthétique apporte une vision particulière qui permet de persuader le lecteur.
 
B.   Seul le discours du roman historique peut dépasser les visions historiques qui l’orchestrent et peut remettre à sa place le passé en nous proposant une reconstitution sublimée.
On pourrait dire que l’historique est sauvé par le poétique. D’où l’intérêt du « mérite » historique. Dimension de fresque picturale qui doit saisir la mémoire du lecteur.
 
C.   Il s’agit moins alors de faire penser le lecteur que de le persuader tout en l’intriguant.
Incipit qui par sa confusion de représentation questionne le lecteur. Confusion esthétique de la présentation exprès. Cette confusion se redouble d’un autre questionnement : le narrateur est de quel coté ? L’effet de séduction s’opère par l’hypotypose. Cette persuasion doit être mise en question par le lecteur qui doit prendre conscience de cette vision partisane.
 
 
CCL : Partiellement un incipit traditionnel mais avant tout fait pour intriguer le lecteur et introduire une narration proprement historique. Il informe de la forme particulière du discours historique et donc le double jeu qui s’installe entre narrateur et lecteur.
Forme à nouveau explorée par Hugo dans 1993.
 


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MessagePosté le: Ven 21 Jan - 18:49 (2011)    Sujet du message: Publicité

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