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Valéry Poésie et Pensée abstraite

 
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Kiarita


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Inscrit le: 08 Déc 2010
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MessagePosté le: Mer 8 Déc - 16:52 (2010)    Sujet du message: Valéry Poésie et Pensée abstraite Répondre en citant

Bon je viens de le finir j'espère que ce sera utile à quelqu'un qui n'aurait pas eu le temps de le lire en entier... Je vous embrasse, à demain

VALERY – POESIE ET PENSEE ABSTRAITE 
 
L’opposition entre Poésie et Pensée abstraite habituelle est discutable
Préjugés :
- Pensée : analyses travail de l’intellect efforts de volonté et précision  // Poésie : naïveté de source, surabondance d’expressions, grâce et fantaisie
- Raisonner sur son art perd le poète car il communique l’impression d’un état naissant, émotion créatrice, qui soustrait le poème  à toute réflexion critique ultérieure
 

Valéry veut refaire toute une route comme si tant d’autres ne l’avaient pas déjà tracée et parcourue : redéfinir cette soi disant opposition
à Pour ça il examine, prend comme expérience de base pour cette redéfinition le LANGAGE
 

-         « nettoyage de la situation verbale »
-         On se cantonne aux premiers mots qui ne nous appartient pas, que l’on emprunte alors qu’une question purement personnelle nait dans notre esprit : cela altère notre questionnement initial, notre besoin (ex : partis po, aucun ne correspond à notre opinion, notre opinion se conforme à lui)
-         Ainsi questions philosophiques fondamentales sont toutes obscurcies (même si elles portent sur les mêmes objets existentiels)
-         Un mot est clair lorsqu’il est employé dans une phrase. Mais lorsqu’on le soustrait à sa fonction momentanée, devient mystérieux : il n’est qu’un moyen, et devenu fin, se change en abime, tourment de la pensée… (mot vie, et tous les autres)
-         Nous ne comprenons autres et nous même qu’à « la vitesse de notre passage sur les mots ».
-         Comment faire alors pour repenser, approfondir ?
-         comparaison : langage essentiellement provisoire, médiateur  = billet de banque, sa valeur exige l’oubli de sa vraie nature (bout de papier crade : passé entre bcp de mains comme mots ont passé par beaucoup de bouches…dénaturés)
 

à Donc ne pas se fier à ce qu’évoquent termes de Poésie et Pensée à première vue
-         il faut regarder en soi ce qui se passe quand on essaie de remplacer les formules verbales par des valeurs et des significations non verbales, indépendantes du langage adopté. (l’impression ?)
Donc a observé :
1)      Etats poétiques engendrent écriture d’un poème. Poète se trouve écarté pendant quelque temps de son régime mental le plus fréquent (ce laps de temps est un « cyclé fermé d’un acte qui a comme soulevé et restitué extérieurement une puissance de poésie »)
2)      d’autres états (« Pensée ? ») : au lieu d’un poème, s’empare de lui une analyse de la sensation qui surgit, de l’idée, et il en écrit non des vers mais une proposition destinée à s’incorporer à ses habitudes de pensée, formule-instrument  à des recherches ultérieures
 

En quoi consiste l’ébranlement initial et accidentel qui va construire en nous l’instrument poétique ; en quoi consiste l’émotion poétique ? (1))
-         Toutes les choses du monde se trouvent tout à coup dans une relation indéfinissable mais merveilleusement juste avec les modes de notre sensibilité générale ; ces choses, être connus, changent de valeur ; et se trouvent entre eux dans des rapports nouveaux (musicaliés, résonnant l’un par l’autre, harmoniquement correspondants)
-         Univers poétique a donc analogies avec univers du rêve (toutes les choses ordinaires qui constituent un rêve se retrouvent dans des rapports qui les rendent absurdes, ce qui les rend en fait symboliques et allégoriques)
 

-         Etat poétique irrégulier, involontaire, accidentel et ne suffit pas pour faire un poète
-         Poète n’a en effet pas pour fonction de ressentir l’état poétique mais de FAIRE RESSENTIR , fonction de créer chez les autres, de changer le lecteur en « inspiré ». (Il chercher et trouve en nous la cause merveilleuse de son émerveillement)
-         Donc effet de poésie, synthèse artificielle, œuvre, action // état poétique, sensation
 

- anecdote exemple : rythme inné inspiré, frustrant car avait une valeur musicale instantanée mais il n’a rien pu en faire car ne connait pas le « langage » de la musique pour retranscrire ensuite cette émotion potentiellement créatrice. (« Production dont la suite savante émerveillait et désespérait mon ignorance ») Substance de l’œuvre est donnée, mais il lui manquait l’organisation qui l’eut fixée.
à Met en évidence la différence entre production spontanée de l’esprit /fabrication des œuvres.
« Ce n’est point avec des idées que l’on fait des vers. C’est avec des mots ». Mallarmé
 

-         comment créer ce langage (au sein du langage : « c’est un langage dans le langage »)
-         langage est une création de la pratique (je demande du feu, tu comprends et me donne du feu. Mais la phrase après, on se la répète et on l’aime pour ce qu’elle est : elle n’a plus comme visée que tu me donnes du feu. ) Donc le langage a deux espèces d’effets :
1)      comprendre : quelqu’un me parle, la compréhension annule ses paroles, auxquelles se substitue le sens.. la forme se dissout dans la clarté, elle a agi, fait comprendre : elle a vécu. Perfection d’un discours dont l’unique objet test la compréhension réside dans la facilité avec laquelle la parole qui le constitue de transforme en autre chose (le non-langage, comme le pré-langage).
2)      contraire : quand cette forme sensible prend par son propre effet une importance telle qu’elle s’impose, se fait remarquer, respecter, et désirer, et donc reprendre. Le désir se renouvelle aussitôt qu’il s’assouvit : rien de ce qui se passe dans l’état poétique n’est achevé, résolu, aboli par un acte déterminé.
 

Univers poétique mis en parallèle à univers musical
- contraste bruit/ son = impur/pur, désordre/ordre à a permis constitution de la musique unifiée et codifiée grâce à l’intervention de la science physique qui a su adapter la mesure à la sensation.
-         Musique est un univers qui est en nous, un son évoque à lui seul l’univers musical et nous met inconsciemment en état de l’accueillir. Pour preuve, un bruit apparait comme une rupture.
-         // Poète : pas si facile : n’a pas devant lui un ensemble de moyens réglés faits exprès pour son art :
Langage n’a pas été codifié, théorisé pour l’harmonie…infinies modalités de son action, diversité de ses emplois (contribue à la confusion qui en résulte). Preuve de son énorme multiplicité et diversité : toutes les sciences crées pour s’occuper de tous ses aspects (phonétique, sémantique, syntaxe, métrique, logique, rhétorique, philologie, prosodie, étymologie) à montre la difficulté du poète aux prises avec cette matière verbale
 

Facultés motrices (inertie->marche->danse…) mises en parallèle avec le développement des facultés langagières (communication besoin->raisonnement->beauté du mot…)
 

-marche : vers un objet précis. Caractéristiques de la marche oubliées, absorbées une fois le but atteint. (ligne droite, directe, du moins chemin le plus court)
/ danse : système d’actes qui ont leur but en eux-mêmes. Pas effectuer une opération finie, mais créer, entretenir un certain état en l’exaltant, mouvement périodique qui peut s’effectuer sur place (s’il atteint un but, pas de mouvement rectiligne : peut faire des détours, revenir sur lui-même, statique (blancs et silences) …-> détour de la poésie, ex : analogies, métaphores)
 

Il dit exactement la même chose que dans Propos sur la poésie… (ce qui précède a pu vous le montrer.)
Image du pendule : effets de la poésie : a chaque vers, la signification qui se produit en nous, loin de détruire la forme, la redemande ; Comme si le sens ne trouvait d’autre issue, d’autre expression, d’autre réponse que cette musique même qui lui a donné naissance.  
à Symétrie, égalité d’importance entre forme et fond
à Principe essentiel de la mécanique poétique est cet échange harmonique entre impression et expression.
 

[inutile mais bon :]
« Introduisons ici une petite remarque que j’appellerai « philosophique », ce qui veut dire simplement que nous pourrions nous en passer »
 

Idée/Sensation sont opposées sur un plan temporel :
-         La sensation est toujours actuelle, le présent lui-même se définit par la sensation
-         La pensée est toujours production de choses absentes (prévision, désir, projet…) ;  absentes aussi sur le plan actuel : nous rend indépendant de notre corps dans le présent.
Entre Voix et Pensée, entre Présence et Absence oscille la pendule poétique.
à EN EFFET la valeur d’un poème réside dans l’indissolubilité du son (actuel, sensation) et du sens (intelligible, pensée, absence, abstraction…)
Parait impossible, c’est pourtant l’affaire du poète de nous donner sensation de l’union intime entre la parole et l’esprit, de faire un langage complet.
 

ex : Sois sage, ô ma douleur, et tiens toi plus tranquille
- Paroles agissent sur nous (sans rien nous apprendre) : impression résulte de la musicalité et aussi du rapprochement des significations.
- L’état dans lequel on peut produire ce genre de langage, est rare : car il a contre lui toutes les exigences de la vie, et parce qu’il s’oppose à la simplification grossière des notations verbales.
 

- Mais on a vu que cet état ne suffit pas : à la matière noble (or brut) il faut donner forme (joyaux) et cela demande une technique et un dur labeur.
- Certains, éblouis par le résultat final considèrent le poème comme dû à une sorte prodige=l’inspiration.
- Il y a bien chez le poète une sorte d’énergie spirituelle qui se manifeste en lui et provoque une révélation.
 Encore doit-elle avoir une valeur universelle pour avoir son prix infini dans le domaine poétique (Ce qui vaut pour un seul ne vaut rien : c’est la Loi d’airain de la Littérature)
- Donc le poète est un critique de premier ordre ! Déjà par : travail de l’esprit, lutte contre l’inégalité des moments, hasard des associations, lutte contre la variation et le caractère trompeur et se trompant de l’esprit…
Tout véritable poète est bien plus capable qu’on ne le sait en général de raisonnement juste et de pensée abstraite.
 

-Mais ce n’est pas pour autant qu’on doit chercher sa propre philosophie dans ce qu’il dit : tous ces mots, « problèmes des autres », nous éloignent de nos propres difficultés, de nos étonnements qui ne doivent rien à personne, dont on ressent véritablement et immédiatement le besoin d’approfondir dans son intellect.
- certains poètes ont essayé de se servir du langage poétique pour énoncer des thèses, communiquer des idées abstraites a priori indépendantes de leur forme (De naturarerum)
  MAIS problème : l’attention portée à suivre les idées est en concurrence avec celle qui suit le chant : l’état du lecteur de poème n’est pas l’état du lecteur de pensées.
  CEPENDANT le poète peut avoir sa pensée abstraite propre, sa propre philosophie, qui s’exerce dans son acte de poète. Mais sa réflexion, son travail mental est là pour composer avec cette matière donnée, hasardeuse, non pas avec des idées déjà toutes constituées.
 

« cet ouvrage puissant et parfait qui le transporte dans un monde où les choses et les êtres, les passions et les pensées, les sonorités et les significations procèdent de la même énergie, s’échangent et se répondent selon des lois de résonances exceptionnelles, car ce ne peut être qu’une forme exceptionnelle d’excitation qui réalise l’exaltation simultanée de notre sensibilité, de notre intellect, de notre mémoire et de notre pouvoir d’action verbale, si rarement accordés dans le train ordinaire de notre vie. »
 

A la fin il parle à nouveau de ce dur labeur du poète en prenant ses propres vers comme exemple puis il finit sans nous apprendre grand-chose de plus, par quelques expressions stylées pour dire eh-bah-moi-en-faisant-une-prose-théorique-j’arrive-à-te-caler-des-expressions-poétiques-malgré-moi (« une idée de quelque moi merveilleusement supérieure à Moi » = une idée universelle quoi.)
L’enfermement me rend sarcastique, mais je trouve ce texte super, je vous souhaite de bonnes révisions en pyjama avec du chocolat chaud ou froid, et une petite ballade enneigée parce que C’EST TROP BEAU !!!!!!!


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MessagePosté le: Mer 8 Déc - 16:52 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Clarah


Hors ligne

Inscrit le: 14 Sep 2010
Messages: 57

MessagePosté le: Mer 8 Déc - 17:46 (2010)    Sujet du message: Valéry Poésie et Pensée abstraite Répondre en citant

OUAIS ! C'est vrai il est chouette =)
Bravo et merci jai eu la flemme de le lire en entier j'avoue x)
Biz


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:26 (2018)    Sujet du message: Valéry Poésie et Pensée abstraite

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