Index du Forum




 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Cours du Mercredi 1 décembre sur Aristote.

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet     Index du Forum -> HKA -> Cours -> Philosophie
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Laet
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 14 Sep 2010
Messages: 26
Numéro de téléphone: 06 35 48 46 92

MessagePosté le: Sam 4 Déc - 12:29 (2010)    Sujet du message: Cours du Mercredi 1 décembre sur Aristote. Répondre en citant

Pourquoi adopter cette triple dénomination, puisqu'il s'agit de lire une multiplicité de fonctions. La diversité des dénomination apporte une solution : elle répond à une double fonction et à un double sens de la nature du vide : il y a le vide pris dans son sens large, que ce lieu soit occupé ou inoccupé, et en ce sens là la vide est la condition de la localisation elle même. Il y a un deuxième sens plus restreint, qui signifie l'espace inoccupé, qui à ce titre est la condition du mouvement local. Cette diversité de sens et de fonction qui correspond à un complexe notionnel, qui est établi de longue date, déjà à l'époque d'Epicure. Le sens restreint est lui même multiple : on peut le décomposer en 3 sens : le vide, mais aussi le lieu, et enfin l'espace parcouru, emplacement, ce en quoi quelque chose prend place ou se déplace (quénon, topos, chora). Cette diversité de sens est exploité par Aristote dans le livre V de sa physique : chap 6, 7, 8 et 9 qui sont consacrés au vide. Aristote conçoit une physique dans laquelle tout est plein. Il est amené à combattre les atomistes, dès avant la naissance du Jardin. Il fait remarquer que les atomistes, partisans du vide, font du vide une espace de vase, de lieu qui d'une part semble plein quand il contient la masse, et semble d'autre part être vide quand il est privé de cette masse. Aristote remarque que si les définitions du vide, du plein et du lieu sont différentes , ceux ci signifieraient le même être.  
Cette diversité de sens et de fonctions est en quelques sortes unifiée dans la notion de nature intangible. Dans tous les cas cette notion permet de faire différence entre ce qui est les corps. Ce complexe notionnel est mis en lumière par Long et Sedley dans leur commentaire d'un texte de Sextus Empiricus, qui parle du problème du vide (P68, note 2 et 3, et P70-71). Il met bien en lumière ce complexe notionnel : « il faut donc bien concevoir que selon Epicure, il y a un aspect de ce qu'il appelle la substance intangible, un autre le dieu, un autre l'espace, les noms s'échangent selon les différents points de vue que l'on a sur elle. » Ce qu'il faut comprendre, c'est pourquoi on a ce complexe notionnel. Le problème d'Epicure est de trouver une réponse à une objection d'Aristote, à situer dans un contexte historique et polémique.  
L'objection d'Aristote : Imaginez un cube qui pénètre dans le vide : qu'arrive-t-il au vide à ce moment là ?  
Platon avait déjà énoncé dans le Phédon une loi selon laquelle soit tout ce qui est approché par son opposé se retire, soit est détruit. Une loi qui paraît exclure tout tiers.  
Aristote explique que le cube ne peut pas faire changer le vide de place. Le vide reste donc nécessairement là où il est. Dans ce cas, le vide devient entièrement coextensif au cube lui même. La question est de savoir ce qui distingue le corps et le vide : c'est la même chose.  

 
Pour Épicure, aucune des deux affirmations platoniciennes n'est valable. Le vide ne peut pas se retirer. Tout corps est puissance d'agir et de pâtir. Le vide n'est pas un corps, donc il n'a pas le pouvoir d'agir ou de pâtir. Le vide ne peut pas non plus être détruit : parce que rien ne peut être anéanti, d'après le 2e principe de constance. Les partisans du vide sont bien contraints d'admettre que le vide s'enferme là où il est. Le vide ne peut pas à la fois être le contraire du corps, et ce qui s'identifie au corps.  
La réponse est dans l'expression pensée par Epicure : la notion de nature intangible. Elle permet de désigner dans son unité l'espace en son sens le plus général, c'est à dire qu'il soit occupé ou inoccupé. Le corps et le vide sont des spécifications grâce auxquelles épicure se réfère à cette nature unique en fonction de contexte différents.  
Quand il n'y a pas de corps : le vide est le vide inoccupé. Quand des corps l'occupent, il est lieu. Quand des corps se déplacent dans le vide : il est l'emplacement.  
Elles se réfèrent à l'étendue.  

 
Quand les corps entre dans la nature intangible, l'espace en général, ne se trouve pas affectée, modifiée. Elle n'est affectée que nominalement : elle change de nom. Mais il ne lui arrive rien de substantielle. Les trois dénominations sont une différence de contexte, de point de vue. Les trois termes sont donc interchangeables.  

 
Démonstration du principe :  

 
Ce que Platon appelle le raisonnement bâtard : le vide, par son existence, n'est pas moins être que le corps, est saisi comme condition du mouvement et de la localisation.  
1ere remarque : par nature, le vide, contrairement au corps en général, est un Adélon, un invisible. Puisque c'est un invisible, il ne peut pas être soumis à une vérification directe, mais indirecte, qui doit fournir une non-infirmation.  
2ème remarque : l'évidence de la sensation apporte son démenti le plus totale à la thèse éléatique de l'impossibilité du mouvement, qui résulte de l'hypothèse selon lequel le vide n'existe pas.  

 
Raisonnement par Modus Tolens, par contraposition (basé sur la négation du conséquent d'une application).  

 
Si le vide n'existe pas. 
Alors les corps ne peuvent pas se mouvoir.  
Or, nous voyons que les corps se meuvent.  
Donc il n'est pas vrai que le vide n'existe pas.  
Donc le vide existe.  

 
Philodème théorise cette méthode d'inférence.  

 
Sans le vide, les corps n'auraient pas où être, c'est à dire de lieu (topos) comme contenant occupé ou rempli par des corps. Compte tenu de l'identification du lieu, ce qui émerge ici, c'est la notion pré(moderne de l'espace pur, dont va dériver bien plus tard, par l'intémédiaire de Gassindi, chez Newton, la notion classique en mécanique et en physique d'espace absolu. Ce lieu où les corps n'auraient pas où être s'il n'y avait pas le vide doivent être compris comme l'espace pur, indifférencié, simple condition de la localisation des corps.  
Sans le vide, les corps n'auraient pas eu où se mouvoir (la chora). Argument essentiel, que l'on retrouve chez Lucrèce au vers 335-345 dans le chant I, qui était déjà l'argument de Démocrite. Le mouvement local n'existerait pas. Le plein exclu le mouvement : il faut qu'il y ait de la place vide pour qu'un corps puisse changer de lieu, u qu'il y ait quelque chose qui cède la place.  
Refus des explications d'Aristote, en particulier celles qu'ils donnent dans le chapitre 9 où il nie l'existence du vide. Il fait appel à des phénomène de raréfaction et de condensation, rendu possible parce que la matière est flexible.  
Epicure : Affirmation de la solidité de la matière, condition de sa pleine et entière réalité : les atomes sont indestructibles.  

 
Aujourd'hui : nous savons que l'on peut désagréger l'atome → fission nucléaire. La notion scientifique moderne de l'atome a commencé sur la base de l'indestructibilité de l'atome.  
Dans le vide, une bille de plomb et de plume tombent à la même vitesse.  

 
Revenons à Épicure :  
En aucun cas, la matière ne peut s'anéantir. Refus des explications de Platon, d'Aristote, et d'autres, niant le mouvement. Aristote : retours en contre coup → idée selon laquelle le mouvement est toujours un mouvement circulaire de remplacement des corps les uns par les autres ; sorte de tourbillon → quand il corps perd sa place, un autre la prend.  
Descartes reprend cette explication : il se refuse à admettre l'existence du vide. Il concevra lui aussi un mouvement tourbillonnaire.  
Position d'Aristote est continuiste : pour lui la matière est continue, et le mouvement lui aussi est continu.  
Épicure affirme que dans l'instant du mouvement, il doit exister au moins un interstice de vide, qui fait qu'il n'y a pas continuité d'un corps à un autre. Dans le principe de la composition des atomes entre eux, il reste dans les atomes un vide interstitiel.  

 
L'épicurisme va connaître une longue éclipse après l'épicurisme romain, sous l'efet de l'essor du christianisme, ainsi qu'avec la propagation du Lycée. Ce qui va dominer l'occident, c'est Aristote.  
 
Le philosophe et théologien Gassindi, contemporain et rival de Descartes, va jouer un rôle important. Très au fait de la science, il s'intéresse aussi aux expériences chimiques. Il va, inspiré par les expériences chimiques de De Claves, se convaincre que l'atomisme c'est bien. Il envisage un atomisme se dirigeant vers une chimie moléculaire : hypothèse des molécules. Gassindi tente d'adapter à la philosophie moderne l'esprit d'une physique. L'état de la science classique permet de considérer la doctrine du vide comme une théorie qui peut entrer dans le champs expérimental. Il apporte son appui aux expériences de Pascal : Puit de Dôme, à la Tour Saint Jacques. Jusque là, on pensait que le vide ne peut être démontré que de façon indirect : on ne peut pas directement en faire l'expérience. Gassindi pense pouvoir s'appuyer sur la doctrine du vide tel qu'elle figure chez épicure, en considérant le vide comme une réalité absolue, afin de construire sur ce modèle une théorie de l'espace et du temps comme êtres réels qui sont les milieux de toutes les substances et de tous les accident (tout ce qui arrive à ces substance). C'est ce que reprendra Newton, puis Kant.  
A l'age classique, c'est la pensée de Descartes qui va l'emporter d'abord dans les esprits. Celui-ci est partisan de la doctrine corpusculaire : il va réduire la matière à l'étendue mathématique, géométrique. Cette étendue est entièrement remplie de corpuscules, de particules.  
Descartes rejette aussi bien l'existence du vide que l'existence des atomes. En cela, son rejet de l'Aristotélisme souffre d'une limitation. Ce sont pour des raisons semblable à celles d'Aristote qu'il établit une telle négation.  

 
Horreur scolastique du vide : la nature a horreur du vide. L'analyse par de la notion de lieu, de topos, première condition d'intelligibilité du mouvement. 

 
Aristote : tout existe quelque part. Mais ce lieu est problèmatique. Aristote constate que les partisans du vide supposent l'existence du lieu, puisque le vide est le lieu privé de corps. Aristote fait une double hypothèse : le lieu semble être quelque chose à part des corps et tout corps sensible être dans un lieu. Le lieu est à part des corps : qu'est ce que ca veut dire ? A coté de ? En marge de ? Dans une théorie comme celle d'Aristote, qui est celle de plein, ce n'est pas concevable. Ce à part de ne signifie par indépendamment de. Ce qui permet à Aristote de rejeter ce sens : il est impossible de fait de distinguer la limite d'un corps. Le lieu n'est donc pas quelque chose qui existe à part, il n'est pas un intervalle, une étendue, quelque chose à côté du corps.  
Or, nous voyons les corps changer de lieu. Le lieu doit donc sans exister à part des choses, doit être autre chose que ce dont il est le lieu, les corps. Il le caractérise alors comme n'étant pas un corps, pas un élément, pas une cause, pas un être. Cependant il est toujours occupé par un corps. La solution serait de dire que le lieu, sans avoir une existence séparée des corps, est séparable des corps. 
Aristote est alors obligé de faire la critique des doctrines qui admettent existence du vide. Il les accuse de confondre le lieu avec le vide. L'argument du mouvement est extrêmement fort. Aristote doit alors prouver que tous les phénomènes de mouvements ne requièrent pas l'existence du vide, seule façon de réfuter les atomistes.  
Il aboutit sur la théorie du mouvement circulaire, par remplacement réciproque des parties. Mouvement tourbillonnaire.  
Si Aristote rejette le vide, c'est parce que le vide est incompatible avec l'ensemble de sa conception du mouvement. Dans la conception des atomistes, le vide est indifférencié. Or, puisqu'il est indifférencié, il ne peut pas expliquer trois données fondamentales de la doctrine du mouvement.  
Doctrine des lieux naturels, par exemple la fumée a un lieu naturel qui est le haut : elle monde. En revanche, la ville de plomb, sa ville naturelle, c'est le bas.  
Le mouvement violent = contraire au mouvement naturel.  

 
En admettant le vide, dans la physique d'Aristote, on ne parvient pas à exprimer les différence de vitesse dans le mouvement, différence de résistance du milieu. L'idée que le vie soit un milieu pur, sans aucune résistance, conduit à penser que tous les corps dans le vide se meuvent à la même vitesse (conception d'Epicure). C'est inconcevable pour Aristote : il ne peut expliquer les variations de vitesse de mouvement par la resistance du milieu.  
 
Enfin, d'une manière générale, l'hypothèse du vide ne peut pas convenir à Aristote parce qu'elle implique l'existence d'un lieu séparé qui existe par soi. C'est précisément à cette idée qu'il va opposer l'idée du lieu séparable. On peut en tirer la conséquence que le lieu existe par soi comme quelque chose de complètement séparé. La physique d'Aristote n'a pas besoin d'une telle conséquence. Pour lui la matière est une, continue, contient les contraires de son mouvement, l'unité → cela rend inutile l'existence du vide.  

 
Quelle est l'essence positive du lieu ? Pour Aristote, c'est seulement une limite. Le lieu met en contact deux corps, sans pour autant qu'ils soient la même chose. Le lieu est ce qui demeure immobile quand l'un des corps se meut. Le lieu, c'est la limite immobile première du corps enveloppant. Cette définition tourne résolument le dos au concept moderne d'espace. elle implique qu'en aucun cas le lieu n'est un milieu neutre et géométrisable.  

 
Aristote définit le mouvement : il ne le conçoit pas comme un changement purement local. Pour lui, le mouvement, c'est plus que ça : c'est l'action d'un corps sur un autre. C'est donc un changement d'état. Il va définir le mouvement en fonction de la nature des corps qui sont en mouvements. Il y aura autant de mouvement distincts que de nature de mouvements. Le mouvement des corps célestes sont alors tout à fait différents des mouvements des corps célestes.  

 
Pour Aristote : il a des corps qui montent et qui descendent → qui ont pour lieu le haut ou le bas, et ce, parce qu'ils sont lourds ou qu'ils sont légers.  
Sa physique est de plus continuiste : problème de continuité du mouvement. Il estime de parler de mouvement continu. Il y a continuité quand la limite des chose en contact est une et la même. Les choses forment une unité par le contact mutuel, comme dans le collage, ou la greffe. Ce qui caractérise les grandeurs continues, c'est de concevoir une limite commune où les parties se touchent. La continuité de la matière ne supprime pas les différence, mais exclut l'idée d'un lieu indifférent, unique, le même partout. Le mouvement est continu et différencié, en fonction du lieu. C'est la limite qui rend le mouvement intelligible, parce qu'elle est un termes indivisible qui sépare et unit les corps.  
 
La physique d'Aristote est une physique finitiste. Si le mouvement est continu, il n'est pas divisible à l'infini. La définition passe par cette notion de limite : le corps, c'est ce qui est limité par une surface. Le lieu d'un corps est par définition limité. C'est la raison pour laquelle il détermine le mouvement dans son essence par les propriétés elles même. Chaque être se défini par une puissance, interne de mouvement et de repos. Chaque élément ce en vu de quoi il existe. Rien ne se fait en vain, et chaque élément rejoint son lieu propre. De cette façon, le mouvement naturel s'oppose au mouvement violent : empêche l'élément de retrouver son lieu naturel. Essayer de faire voler un cailloux.  

 
L'élément Terre est lourd, va donc se mouvoir vers le bas. Le feu, est l'élément léger. L'eau et l'air tendent vers des régions intermédiaires. Tout est fonction de ce rapport de pensanteur et d'appesanteur.  
L'éther : matière des astres et des corps célestes. Pour lui, ce sont des sphères transparentes, sur lesquelles roulent les différents astres. L'éther se meut naturellement par transport circulaire à la périphérie du Cosmos. Physique du monde clos et fini, fermé.  
La physique moderne est une physique du monde infini. Éther : matière qui a un lieu propre, celui de mouvoir selon un mouvement circulaire.  

 
Tout cela est extrêmement cohérent, rigoureux. L'univers est plein, sphérique, fini, immobile. Absurde si on modifie un élément du système : cas du vide. Si on admet l'existence du vide dans la conception d'Aristote : le monde devient univers, s'étend à l'infini, il n'est plus sphérique ni immobile.  
La conception d'Aristote a prévalu pendant des siècle, s'est imposé de manière quasi-exclusive. Validée par les savants arabes. Argument d'autorité s'est imposé : la nature a horreur du vide et ce, jusqu'à l'époque de Pascal. 
Au Moyen Age, on croyait que le froid contractait : c'est comme cela qu'on expliquait que quand de l'eau dans un récipient gelait, le récipient se cassait car l'eau en se contractant, introduisait du vide → la nature ne le supportait pas, et le verre se cassait.  

_________________
"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'on le croit"
La Rochefoucault.


Revenir en haut
MSN
Publicité






MessagePosté le: Sam 4 Déc - 12:29 (2010)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet     Index du Forum -> HKA -> Cours -> Philosophie Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com